Faire du sport, autrement

Le Centre d’Intégration à la Vie Active (CIVA) offre, chaque semaine, une centaine d’heures d’activités culturelles et sportives. L’organisme met ainsi la créativité de tous ses acteurs au service de ses membres, vivant tous avec un grave handicap. Pour le CIVA, cette situation ne justifie absolument pas l’inactivité. Il s’agit plutôt d’une réalité particulière, demandant simplement de faire les choses autrement. Intéressant, n’est-ce pas?

 

C’est ainsi qu’en 2017, André, Woody et Sam, 3 athlètes aguerris, relèvent un défi complètement fou : affronter 40 obstacles à l’intérieur d’une course de 5 km, avec l’aide de bénévoles dévouées et tout aussi décidés que les 3 participants, gonflés à bloc. Ensemble, ils mettront environ 6h à compléter la Dead end race.

 

La force du groupe

Parmi les gens qui donnent alors de leur temps aux valeureux et courageux performeurs « de boue, sur roue », se trouve un homme qui allait quelque temps plus tard, accomplir un exploit formidable. Sa prouesse allait mettre en valeur le sport, mais aussi une dimension parfois oubliée par les aventuriers : l’humain, dans toute sa splendeur. Au nom de la solidarité, Normand Piché allait bientôt réussir à rallier les 5 continents, à la nage. Son aventure « O5 » serait alors sur toutes les lèvres.

 

À ce moment, se sont noués des liens très solides entre l’organisme CIVA et le nageur intrépide . Il faut dire qu’ils partagent le même intérêt pour l’Homme. Aider son prochain, former une équipe, avancer ensemble, travailler pour un but commun : voilà autant de mots tous plus représentatifs les uns que les autres, pouvant servir à décrire les confins de l’âme de ces héros.

 

 

Un invité coup de cœur

C’est donc sans surprise que Normand Piché s’est retrouvé, en sa qualité d’invité d’honneur, entre les murs de l’organisme CIVA, un an après son accomplissement grandiose. Il venait livrer un témoignage poignant de son périple impressionnant, en offrant des mots plus qu’opulents, à un auditoire avide de les entendre.

 

Ainsi, le brave protagoniste a raconté comment il a réussi à atteindre son objectif ambitieux, en compagnie d’une bouée bien particulière. En effet, celle-ci contenait les rêves de centaines de personnes, envoyés via le site web de l’audacieux nageur. Le but ultime : les déposer aux Nations-Unies. Ce seul geste valait une mention honorifique au nom de l’humanité…

 

Il a aussi expliqué combien son implication sociale à Wales, en Alaska, avait fait toute la différence dans sa relation avec le peuple. Il a également relaté ses difficultés quant aux nombreuses frontières s’étant dressées devant lui : physiques, culturelles, langagières, religieuses… sans oublier les dangers rencontrés sur sa route comme les méduses potentiellement mortelles lui brûlant le visage, les requins et les orques parfois très près, mère-nature et ses caprices qui ont bien faillis lui coûter la victoire…

 

Un coup du sort

Les courants marins ne sont pas toujours nos amis. Et lorsqu’un gouvernement comme celui de l’Égypte décide, pour une multitude de raisons toutes plus valables les unes que les autres, de n’accorder la traversée qu’à une seule date fixe, celle-ci doit avoir lieu à ce moment, peu importe quel sera alors le tempérament de l’océan.

 

Les nombreuses heures d’entraînement dans les endless pools ont fait en sorte que l’athlète était habileté à passer plusieurs heures dans l’eau, exécutant le plus parfaitement possible tous les mouvements nécessaires à la réussite des futures traversées. Mais le matin de la traversée de la Jordanie vers l’Égypte, rien n’était du côté du grand-homme. L’eau était déchaînée, les vagues la faisant virevolter dans tous les sens. Il fallait pourtant s’exécuter.

 

Le passé pour l’avenir

Après 3½ heures de nage, Normand demande au kayakiste qui l’accompagnait toujours, devenant ainsi ses yeux et la ligne d’horizon à suivre, pour assurer la meilleure trajectoire qui soit, s’il leur restait encore beaucoup de chemin à parcourir. La réponse lui paralyse alors presque les jambes : ils n’en sont pas encore à la moitié.

 

Après ½ seconde de découragement, le combattant des mers se met à penser à son père, à tout le temps que ce dernier passe désormais au lit, à cause du foudroyant AVC l’ayant terrassé. Ses épaules deviennent de plus en plus douloureuses. Il pense alors à son enfance heureuse, à sa rencontre avec la mère de sa fille, à la naissance de cette dernière, à sa séparation… Il revoit ainsi le fil de sa vie sur la mer Rouge. Ce sont tous ces souvenirs qui propulsent et génèrent l’énergie nécessaire à l’ancien nageur de compétition, pour arriver au terme de son objectif. Il touche terre après 8h d’activité éreintante.

 

Un message saisissant gorgé de sens

La soirée est magnifique chez CIVA. Chaque mot résonne dans l’enceinte et fait écho à la Solidarité et à l’Union. Entre un grain de maïs éclaté et une délicieuse gorgée de vin, il est fascinant d’écouter Normand Piché « danser avec l’eau ». Il parle de l’instant présent, de la nécessité de fondre le cœur et la technique. N’est-ce pas là un principe fabuleux à appliquer à sa propre réalité?

 

 

Que l’on soit riche ou moins bien nanti, plus âgé ou plus jeune, sportif ou non, que l’on roule ou que l’on marche : il ne sert à rien de vouloir forcer les éléments. C’est « un coup de bras à la fois » qu’il nous faut avancer vers les solutions. Parce qu’il y en a toujours. Si elles semblent absentes, c’est alors peut-être parce qu’il n’existe pas de problème?

 

Ce sont probablement des pensées comme ces dernières qui font en sorte que Normand Piché se lancera de nouveau à l’aventure, l’an prochain. Quelle forme, quelle envergure, quelle ampleur donnera-t-il cette fois à son périple? Gageons que l’homo sapiens sera encore à l’honneur et que l’eau triomphera une fois de plus comme étant un élément central et porteur de sens, pour son message. Chose certaine, la bouée « porteuse de rêves » le suivra de nouveau; cette partie du défi n’ayant pu encore être réalisée.

 

Alors dépêchez-vous de lui envoyer votre rêve, afin qu’il voyage avec ses semblables et puisse contribuer à augmenter toute la puissance, derrière la prochaine épopée. Surtout, surveillez les activités du CIVA. Assurément, la collaboration si significative entre l’organisme et le voyageur inébranlable ne prendra pas fin de sitôt.

 

Valérie-Énergie!
* Un remerciement particulier à Émilie Vézina, responsable des communications et des réseaux sociaux chez CIVA, pour son invitation à cet évènement. Ton ouverture à l’autre et ta douceur se voient au premier regard!

 

  • Pour en connaître davantage sur le CIVA, cliquez ici.
  • Pour suivre les prochaines aventures de Normand Piché, pour le recevoir en conférence, ou pour lui faire parvenir votre rêve, cliquez ici.

 

 

 

 

Article précédent

Les déboires d’une apprentie entrepreneur. Chapitre seize : Se planifier concrètement

Article suivant

Les déboires d’une apprentie entrepreneur. Chapitre dix-sept : La fin… de l’année!