J’haïs le sport!

Je suis une entrepreneure stressée, une maman angoissée, une professionnelle anxieuse. Soit. Mais comme je n’ai nullement l’intention de souffrir d’hypertension prématurément ou encore de développer des problèmes cardiaques d’ici les 5 prochaines années, j’ai décidé de faire passer ma santé en premier. J’ai opté pour me faire plaisir en offrant à mon corps ce qu’il réclamait depuis tant d’années : un peu de douceur. Étrangement, c’est à travers le sport que mon organisme a pu absorber les délicieux nutriments, tant escomptés. Quel constat abracadabrant, puisque j’ai dont longtemps haïs le sport!

Révélation troublante

Une subtilité a fait éruption dans mon cerveau alors que j’assistais à une conférence, il y a de cela quelques années. Je me permets de la partager parce qu’elle m’a été, après coup, presque salvatrice : j’ai compris pourquoi je n’avais jamais aimé l’activité physique auparavant. Avoir su, je ne me serais pas privé d’autant de plaisir si longtemps.

Ainsi, le conférencier relatait une « vieille théorie », à ses dires. Bien que plus complexe, il nous la simplifiait en mentionnant que la génétique nous graciait naturellement de rapidité, de puissance ou de force. Clairement, le dernier qualificatif correspondait à ma réalité. Déçue, je sentais avoir pigé le pire numéro dans le sac des possibilités, en tant que fille…

C’est pourtant à ce moment que j’ai saisi que les sports d’endurance, de rapidité ou d’agilité, ne seraient vraisemblablement jamais ceux où je serais avantagée. Il faut se le dire, vivre une quelconque forme de victoire dans une activité, ça aide à continuer de la pratiquer (je me souviens encore avoir perdu TOUS mes matchs de badminton au secondaire…) Or, dans mon parcours scolaire, la plupart des activités nous ayant été offertes impliquaient tout ce que « je n’étais pas ». Toujours bonne dernière et à bout de souffle, je n’ai donc jamais persévéré ni développé d’aptitudes sportives, parce que rien ne m’attirait sans que je ne sache trop pourquoi, mais surtout, je n’avais jamais eu de plaisir au sport. Grâce à cette information reçue en conférence, je comprenais un peu mieux.

Influence positive

Je n’ai donc pas enfilé de souliers de course de mon plein gré avant l’âge de 30 ans. Mais à force d’entendre les Pierre Lavoie et les Josée Lavigueur de ce monde, je suis finalement passée à l’action. J’ai donc décidé que j’allais éventuellement courir (le long mot débutant par la lettre «e», placé quelque peu avant la parenthèse prend ici tout son sens…) 21 km. Excessive de nature, cet objectif m’allait à ravir.

Mais courir autant exige de l’endurance. Alors pourquoi se tourner vers la course? Le risque d’abandon était très élevé, si l’on suit la logique présentée depuis le départ, non? C’est qu’à ce moment, on n’entendait parler que de jogging. J’ignorais aussi encore à ce moment que je ne partais clairement pas avec une facilité innée en faisant ce choix. Mais l’ingrédient principal à ne jamais négliger se trouve dans la phrase précédente : la notion de choix.

Du moment où s’est incrusté ce souhait dans ma tête jusqu’au moment de réalisation de celui-ci, il s’est écoulé une très longue période. Mais bizarrement, ce n’est absolument pas le résultat obtenu ou l’accomplissement final qui goûte encore si bon dans ma bouche. Non, c’est plutôt le processus qui me fait de l’œil, encore aujourd’hui.

Arme de séduction massive

 

Je suis peut-être une femme difficile à séduire (j’en prends mon conjoint à témoin!), mais malgré toute la félicité autour de l’atteinte de l’objectif, c’est dans le processus de réalisation que j’ai découvert le plaisir sportif. Comment agit-il? Petit à petit et de façon inattendue, viennent tranquillement s’installer différents éléments très impressionnants et ce, de l’intérieur :

  1. Des adjectifs inédits pour vous décrire
  2. Des sensations inusitées, vécues de la tête jusqu’au pied

Au fil donc des semaines, des mots comme persévérance, soif de défi ou dépassement de soi, s’amusent à compléter votre personnalité. Découverte on ne peut plus ahurissante: si comme moi, vous n’étiez pas fanatique de sport, gageons qu’il s’agira probablement d’un fait assez étonnant, mais qui vous remplira ô combien, de fierté!

Mais le deuxième élément possède, à mes yeux, un impact encore plus grandiose. Si bien que, pour lui rendre un hommage à sa juste valeur, faisons-lui une présentation digne d’une cérémonie des Oscar; vous m’accordez ce fantasme?

Dans la catégorie « DÉCOUVERTE FONDAMENTALE : EFFETS DU SPORT SUR LE CORPS », sont en lice :

  • L’augmentation des sourires béats
  • La réduction gigantesque du stress
  • L’augmentation de la concentration
  • La réduction du sentiment de colère intérieure

Malgré les performances notables de toutes ces influences pétillantes, la grande gagnante est :

La réduction gigantesque du stress!

 

À mon sens, il s’agit vraiment du plus grand bénéfice gagné. Véritable bombe d’énergie sur deux pattes, il me fallait trouver un exutoire à toutes ces tensions accumulées. Sans être devenue un exemple de zénitude (ce serait dénaturer ma personnalité; en dépit de tous ses bienfaits, le sport n’a pas cette capacité!) les moments apaisants de calme intérieur se manifestent désormais de façon beaucoup plus marquée. Alléluia!

On peut vraiment sentir l’appel des « hormones du bonheur ». Certains soirs, après une journée particulièrement harassante, mon seul désir est de troquer mes talons hauts pour mes souliers de course. Pourquoi? Parce que je sais qu’après l’exercice, je passerai une meilleure soirée. La stratégie fonctionne à chaque fois. Namasté!

Ce désir intense de parcourir 21 km à la course m’aura servi de tremplin pour plonger tête la première dans le sport : avantagée ou non par les gènes. Ce succès m’aura donné la confiance sportive nécessaire pour m’aventurer ailleurs (entre autres vers l’haltérophilie!) Osez donc votre petite-voix! Elle sait où vous ressentirez du plaisir; condition première à la persévérance. Alors, qu’entendez-vous? Lancer du marteau, escrime, escalade, trapèze, double corde à danser, bateau dragon, roller derby, goal ball, foot-golf…

Article précédent

Marseille, une destination branchée

Article suivant

Les déboires d'une apprentie entrepreneure. Chapitre 8 - Le sentiment du devoir accompli

Pas encore de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *