Réussir son proper BHAG: Big Hairy Audacious Goal

La réussite signifie, au sens propre, l’accomplissement avec succès, d’un but escompté. On pourrait être tenté de se dire que cette définition est sans équivoque; que sa limpidité impose la garantie de sa signifiance. Permettez-moi d’apporter un petit bémol à cette apparente certitude. Serait-il possible de réussir sans avoir mené à terme son objectif profond? Dans la même veine, transformer un objectif en cours de route permet-il d’y apposer par la suite l’étiquette de réussite?

L’objectif de l’objectif

Hélène Dumais est une athlète hors de l’ordinaire, qui a décidé de mener une vie à la hauteur de son potentiel. C’est-à-dire à la mille, exposant 8. Cette femme relève des défis jusqu’encore inégalés par d’autres femmes. Sa ténacité et sa persévérance n’ont d’égales que sa détermination et son courage.

Oseriez-vous seulement essayer de terminer une course comme la Survival run, au Nicaragua, où en 24h, des défis variés reflétant le mode de vie des habitants de l’endroit doivent être surmontés? Parmi eux citons, à titre d’exemple, plonger dans une très profonde cuve de nuit, couper assez de bambou pour réaliser un abri, utiliser un sling shot… Hélène l’a fait, avec brio.

L’an dernier, elle a aussi terminé la Spine race : une course de 430 km en Angleterre, en semi-autonomie. Ceci signifiant que son sac à dos était envoyé à 5 points de chute précis, mais que l’usuel devait être traîné sur son dos (tente, sac-de-couchage, nourriture, réchaud portatif, …), ne sachant jamais vraiment combien de temps il lui faudrait pour franchir les quelques 80 km séparant chaque précieux point de ravitaillement.

Infinitus

Dernièrement, elle a tenté, pour une 2e année consécutive, de cocher l’Infinitus de sa to do list. Infinitus comme dans Infini ∞. 888 km à franchir en 10 jours.

 Je suis allée plus loin en temps et en kilomètres cette année. Mais je n’ai pas réussi à courir les 888 km règlementaires.

Ceci dit, notez qu’un seul des 12 participants a réussi l’épreuve cette année et que parmi les 11 autres, Hélène a terminé au 3e rang sur le palmarès des distances et 1ère chez les femmes, avec une marge d’avance faramineuse de plusieurs kilomètres par rapport aux autres.

S’y rendant, au départ, elle avait 3 objectifs bien définis en tête :

1.     Finir la course X

2.     Faire un documentaire extraordinaire sur l’événement, Facing Infinitus  

3.     Contribuer à aider son prochain

48h avant la fin de l’harassante excursion pourtant choisie délibérément, Hélène savait qu’il lui serait humainement impossible d’atteindre le but 1. Elle avait alors le choix de l’attitude à adopter : se dévaloriser en se traitant de « nullité absolue » parce qu’incapable d’aller jusqu’au bout de son défi OU rester en lien avec sa mission première, celle d’inspirer les gens, pour continuer d’avancer et faire mieux encore que l’année d’avant.

Commençant certainement à bien cerner le personnage, vous ne serez donc absolument pas surpris d’apprendre que l’option sélectionnée par la championne a été la deuxième:

 C’est fou ce qu’on peut accomplir en 48h, dans ce contexte. J’ai dépassé mes limites, j’ai appris, j’ai aidé et je ferai encore mieux en 2018.

Les visées premières venaient de subir une cure de transformation, mais sans pour autant muter totalement.

Sachant cela, peut-on nier le fait que, véritablement, cette aventure comporte une multitude de gains? La victoire idéale ciblée n’a été que reportée. Le triomphe du moment demeure aligné avec les valeurs et la mission de l’athlète, étant empreints goulûment d’apprentissages savants, inspirants et hautement parlants.

Réussir

Hélène retournera dans les Blue moutains au Vermont en 2018. Après analyse, elle sait avoir réussi à certains égards, mais sait également ne pas avoir parcouru les 888 km exigés. Elle parle de cet exploit à accomplir en le comparant à un casse-tête : SON casse-tête, son BHAG (Big Hairy Audacious Goal).  Le challenge est immense, mais intérieurement, elle sait pouvoir y parvenir. Ce n’est qu’une solution à trouver, un problème à résoudre, mentionne-t-elle :

 En conférences pour les entrepreneurs, je le mentionne souvent. Les défis qui nous sont présentés ne sont pas toujours appétissants et attrayants. Ce sont des défis. Il faut les voir ainsi et se dire que la vie, c’est exactement ça. Alors une seule option devient possible : cool, go, on fonce!

Hélène Dumais

Elle a analysé ses lacunes et déjà, elle y travaille. Son corps tout entier semble nourri et musclé de persévérance. Une partie du problème résidait dans sa façon de gérer son sommeil. Elle a donc rencontré une chercheure spécialisée dans ce domaine pour mieux comprendre tout ce qui peut se passer dans le cerveau.

« Physiquement, je savais que la contraction musculaire pour courir pouvait se faire. Mais mentalement, je n’avais plus l’énergie pour y arriver » affirme l’américaine d’adoption, en entrevue.

Aussi, l’équipe derrière elle aurait dû bénéficier d’une meilleure préparation. Sans cesse inquiète et submergée par des interrogations variées tournant autour de l’organisation (sa gourde serait-elle bien préparée à son retour, sa lampe frontale serait-elle rechargée, ses souliers seraient-ils lavés, son équipement serait-il prêt…) elle était incapable de fermer l’œil.

Réussir ensemble

S’entourer des bonnes personnes et s’assurer de communiquer adéquatement, sans toutefois trop le faire non plus, reste un art mais aussi un must non-négociable. « L’équipage qui gravite autour doit savoir qu’il peut prendre des décisions et faire preuve de leadership. Il faut simplement leur donner la base vitale. Ils construiront ensuite autour par eux-mêmes. » lance naturellement la Montréalaise de naissance. La victoire se prépare, se réalise et se vit en équipe.

Assurément, Hélène la savourera en 2018 et ce, entre autres, grâce à trois armes redoutables : sa sagesse analytique, son entêtement authentique et son positivisme inébranlable. Avec elles en poche, elle campe les fondements de son succès et progresse ainsi toujours vers le dépassement, à travers chaque défi. Sans réussir totalement cette année, elle aura tout de même su garder le cap et se diriger vers les honneurs au pas de course, mais un à la fois. Ces derniers n’auront été que séparés par étapes, chacune étant garnie d’une foule d’apprentissages variés, l’aidant à se propulser avec encore plus d’assurance vers le sommet.

Son histoire, en tant que tremplin inspirant, saura en inciter plusieurs à revoir leur propre définition du terme « GAGNER », mais pourra aussi insuffler une dose massive de confiance à quiconque souhaite réaliser un objectif précis, qu’il soit sportif ou non. S’il faut apprendre à voir que le succès peut se découper en petites gloires momentanées, un fait important demeure. L’ultime consécration représente tout de même un élément dans lequel on peut toujours vouloir mordre à plein dents. Il suffit parfois par contre d’accepter de devoir travailler autrement, pensant outside of the box, pour utiliser son expérience et ses apprentissages de façon intelligente et optimal, pour tout verser au service de son propre BHAG.

À bientôt,

Valérie-Énergie!

 

Pour en apprendre davantage sur Hélène Dumais, sur son parcours d’athlète et sur ses conférences :

www.helenedumaisathlete.com

www.facebook.com/helenedumaisadventurer

 

 

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